Fabuleuse épopée que celle de cet écrivain renommé, couronné d’un International Book Prize, Gary Montaigu, qui accepte de participer à une émission de téléréalité «Un écrivain, un vrai». L’objet de l’émission est de le montrer au travail, en train d’écrire (comme si les écrivains écrivaient avec stylos ou machines). Comment? Les contraintes de l’émission obligent à changer la trajectoire de tel personnage? Et oui, monsieur l’écrivain, vous tenez le stylo mais l’empire de l’audience médiatique dicte le texte.Il rêvait de faire entrer la littérature dans les salons des téléspectateurs, c’est la médiocrité qui envahit son travail. Il finit par se retrancher et fait cet amer constat: «Le monde sombre dans l'ignorance, dans la déshumanisation, dans le totalitarisme, dans l'obsession de la sécurité, dans le profit, les hommes sont réduits à n'être plus que des vecteurs économiques, il y a trop d'hommes et ils ne comptent plus du tout, l'esprit critique n'est plus possible, remplacé par j'aime, je partage et lui, il se demande si ça sert encore à quelque chose d'écrire».
Du malheur de l’artiste, de son inutilité déclarée, naissent la fortune de ceux qui gravitent autour de lui. Amer constat sur notre époque.
Question à Pia Petersen: qu'est-ce qu'un vrai écrivain?
La littérature mourra-t-elle devant les assauts de la non-pensée véhiculée par la téléréalité, l'écriture numérique et volatile?
L'écrivain n'est-il que l'objet de sa muse dans cette histoire ( sa femme en l'occurence)
Native du Danemark, Pia Petersen vit et travaille entre Paris et Marseille. Elle est l’auteur de huit romans dont Le Jeu de la facilité, Parfois il discutait avec Dieu, Passer le pont, Une livre de chair. Son dernier roman, Un écrivain, un vrai, est paru chez Actes Sud en janvier 2013.
Pourquoi écrivez-vous?
Je me suis posé la question toute ma vie. Que cache cette fureur d’écrire, toujours, sans cesse? Pourquoi ai-je cette impression d’avoir été envahie par le besoin d’écrire? Ma vie aurait été plus simple sans ce désir, c’est ce que je me dis quand j’essaie de répondre à cette question qui me définit. Peut-être parce que je perçois mieux le monde, les autres? Quand j’écris un roman, j’habite dedans et j’arrive à voir mais quand je suis entre deux, je suis aveugle et je n’arrive plus à penser, alors j’écris tout le temps, il y a toujours un roman, parfois plusieurs en cours. Je me dis aussi que j’écris parce que c’est ainsi que je communique avec les autres, que je peux leur dire des choses sans m’imposer, leur laissant le choix de me lire ou non. (...)
Interview de Pia Petersen, l’écriture contre la télé-réalité
Un livre qui fait réfléchir: dans Un écrivain, un vrai, Gary Montaigu est un auteur reconnu par ses pairs et par le public. Désireux de partager son amour de la littérature avec le plus grand nombre, il accepte de participer à une émission de télé-réalité, durant laquelle il s’engage à écrire un roman avec l’aide du public. Rencontre avec Pia Petersen, à l’origine de ce concept encore inédit (et heureusement).
RTS - Émission Vertigo - Janvier 2013 le magazine culturel de La Première, chaîne radio de la RTS
Par Christine Gonzalez
Livres: Pia Petersen, "Un écrivain, un vrai" (Actes Sud)
"La téléréalité, c’est l’avenir du livre" ose l’auteure danoise Pia Petersen qui imagine un romancier à succès filmé 24 heures sur 24 pour les besoins d’un programme télévisé. En toile de fond, une réflexion sur la manière dont doit se renouveler la littérature. Comment le livre peut-il se réinventer à l’ère de tous les changements?
J’écris pour le lecteur mais ce n’est pas lui qui doit décider de ce que je vais lui donner
“L’écrivain doit désormais être populaire, savoir plaire, émouvoir. Mais que deviendra le monde si plus personne ne remet en cause la vérité énoncée, si plus personne ne peut dire non, si plus personne ne pense contre? Dire non n’est jamais simple, c’est s’attirer les ennuis, l’hostilité des uns et des autres, c’est affronter l’impopularité.”
Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce roman? (...)
On reprend les bonnes habitudes sur le blog avec les interviews d’auteur et le retour prochain de la rubrique Quand je serai grande, je serai! Partage et rêves, deux maîtres mots ici! Pour commencer l’année, voici une interview comme j’aime: sans concession et pleine d’espoir. C’est Pia Petersen qui nous raconte son parcours d’écrivain et qui nous prouve encore une fois qu’à force de travail et de détermination, tout est possible! Et si vous ne connaissez pas encore Pia, vous allez vite l’adopter avec la sortie demain de son nouveau roman (absolument génial): Un écrivain, un vrai (rdv demain même lieu même heure pour que je vous parle de ce roman!) Merci Pia pour votre confiance, votre disponibilité et votre gentilesse (et Merci Kévin Juliat, il saura pourquoi!) (...)
Dans les années quatre-vingt, l’informatique arrive sur le marché du travail et s’introduit à domicile. Le cerveau artificiel prend la place de l’homme, le remplaçant peu à peu. Dans les années quatre-vingt-dix, avec Internet les notions espace et temps explosent, nos repères géographiques (...)
À Marseille, il y a le soleil et la mer, il y a de l'ail et du pastis et des olives et parfois on tombe sur une sardinade, un apéro géant autour de sardines grillées. Le vieux-Port est au centre de la ville et il y a la Canebière dont on écrit toujours qu'elle se jette directement dans la mer. Il y a la Corniche, la plus belle corniche du monde d'où l'on voit le château d'If et le Frioul et l'hôpital (...)